BSI infirmier 2026 : cotation, forfaits BSA/BSB/BSC et saisie sur AmeliPro
Devenu obligatoire pour tous les patients dépendants pris en charge à domicile, le Bilan de Soins Infirmiers (BSI) est aujourd'hui au cœur de la pratique des IDEL. Mais entre les trois forfaits journaliers, l'évaluation de la dépendance et la saisie sur AmeliPro, sa maîtrise demande de la rigueur. Ce guide fait le point sur la cotation, les tarifs et les règles à connaître en 2026.
Qu'est-ce que le BSI et pourquoi est-il devenu incontournable ?
Le Bilan de Soins Infirmiers a remplacé la Démarche de Soins Infirmiers (DSI) en janvier 2020. Il s'agit d'un outil d'évaluation clinique structurée destiné aux infirmiers libéraux qui prennent en charge des patients dépendants à domicile. Le BSI remplit trois fonctions concrètes : il formalise l'état de santé et le niveau de dépendance du patient, il établit un plan de soins personnalisé, et il sert de support à la coordination avec le médecin prescripteur.
Le déploiement s'est fait par étapes. Réservé d'abord aux patients dépendants de 90 ans et plus en 2020, le dispositif a été étendu aux 85 ans et plus en septembre 2022, puis à l'ensemble des patients dépendants, quel que soit leur âge, depuis octobre 2023. Le point crucial pour votre facturation : depuis le 1er janvier 2024, la facturation en AIS est rejetée par le système de liquidation pour ces patients. Un BSI valide est désormais obligatoire pour facturer les soins aux personnes dépendantes.
Sans BSI valide saisi sur AmeliPro, vous ne pouvez plus facturer la prise en charge de la dépendance de vos patients. La maîtrise de cet outil n'est donc pas optionnelle : c'est la condition de votre rémunération sur toute une partie de votre patientèle.
Les trois forfaits journaliers : BSA, BSB et BSC
Le principe du BSI est de remplacer la facturation à l'acte par un forfait journalier unique, calculé selon le niveau de charge en soins du patient. Ce niveau est déterminé par le score renseigné sur AmeliPro, lui-même fondé sur une évaluation des besoins du patient. Trois forfaits existent, correspondant à trois niveaux de prise en charge.
| Forfait | Niveau de prise en charge | Tarif journalier |
|---|---|---|
| BSA | Prise en charge légère | 13,00 € |
| BSB | Prise en charge intermédiaire | 18,20 € |
| BSC | Prise en charge lourde | 28,70 € |
Ces forfaits sont facturés une fois par jour, quel que soit le nombre de passages. Point important en cas d'intervention de plusieurs infirmiers auprès du même patient : le forfait n'est facturable qu'une seule fois par jour et par un seul infirmier. En revanche, chaque infirmier facture, au titre de son passage, ses propres actes techniques autorisés.
La cotation du bilan lui-même : les codes DI
Au-delà des forfaits journaliers, la réalisation du bilan génère une cotation spécifique, distincte, avec la lettre-clé DI. Il faut distinguer trois types de bilans.
| Type de BSI | Cotation | Montant | Fréquence |
|---|---|---|---|
| BSI initial | DI 2,5 | 25 € | À la première prise en charge |
| BSI de renouvellement | DI 1,2 | 12 € | Une fois par an |
| BSI intermédiaire | DI 1,2 | 12 € | En cas d'évolution, 2 max par an |
Le BSI initial nécessite obligatoirement une prescription de soins infirmiers pour dépendance émise par le médecin, avec la mention « soins infirmiers dans le cadre de la dépendance ». Il détermine le niveau de forfait journalier (BSA, BSB ou BSC) et reste valide un an. Le BSI intermédiaire permet de réévaluer un patient dont l'état évolue, dans la limite de deux par an.
Cumul du forfait BSI avec les actes techniques
Une question revient sans cesse chez les IDEL : peut-on cumuler le forfait BSI avec d'autres soins ? La réponse est oui. Les soins techniques réalisés lors de la visite, mais non inclus dans le forfait, sont facturables en AMX (et non en AMI), en supplément du forfait journalier. Les pansements lourds et complexes, notamment, se cumulent à taux plein avec les forfaits BSA, BSB et BSC. Les frais de déplacement (IFD, IFI) sont également facturables.
Cette articulation entre forfait et actes techniques est l'une des principales sources d'erreurs de facturation. Une bonne maîtrise des règles de cumul de la nomenclature est indispensable pour ne pas sous-coter votre activité, un sujet que nous approfondissons dans notre formation NGAP. Il en va de même pour d'autres actes techniques complexes comme les perfusions à domicile, qui obéissent à leurs propres règles.
La saisie sur AmeliPro : mode d'emploi
Le BSI est entièrement dématérialisé. Il se saisit sur AmeliPro, la plateforme sécurisée de l'Assurance Maladie, accessible via votre carte CPS. La saisie suit plusieurs étapes : connexion à AmeliPro, remplissage des différents volets d'évaluation, élaboration du plan de soins, puis validation.
Tant qu'un BSI reste en brouillon sur AmeliPro, il n'a aucune valeur : il ne permet de facturer ni le bilan, ni le forfait journalier. La validation est donc l'étape indispensable. Chaque donnée saisie, chaque observation notée, justifie les soins réalisés et le forfait appliqué en cas de contrôle.
L'évaluation repose sur une analyse des besoins du patient et des difficultés de prise en charge. L'infirmier saisit ses observations, les diagnostics identifiés et les actions à réaliser. C'est cette évaluation qui détermine le score de charge en soins, et donc le forfait applicable.
Les erreurs de facturation les plus fréquentes
Le BSI, bien que conçu pour simplifier la facturation, reste une source d'erreurs qui peuvent coûter cher, entre rejets de la caisse et indus réclamés a posteriori. Voici les pièges les plus courants observés sur le terrain, et comment les éviter.
- Laisser le BSI en brouillon : c'est l'erreur numéro un. Un bilan non validé sur AmeliPro ne permet aucune facturation, ni du bilan, ni du forfait journalier.
- Continuer à facturer en AIS : depuis janvier 2024, les AIS sont systématiquement rejetés pour les patients relevant du BSI. Toute facturation doit passer par les forfaits BSA, BSB ou BSC.
- Oublier la prescription de dépendance : le BSI initial nécessite une prescription médicale mentionnant explicitement les « soins infirmiers dans le cadre de la dépendance ».
- Facturer deux forfaits le même jour : quand plusieurs infirmiers interviennent, un seul facture le forfait journalier. Une mauvaise coordination entre confrères génère des doublons rejetés.
- Négliger les actes techniques cumulables : à l'inverse, beaucoup d'IDEL oublient de facturer en AMX les soins techniques réalisés en plus du forfait, ce qui revient à travailler gratuitement.
Ces erreurs illustrent pourquoi une formation dédiée reste le meilleur investissement pour sécuriser cette part importante de votre activité. Bien maîtrisé, le BSI valorise mieux votre travail réel qu'une facturation à l'acte, en reconnaissant la complexité de la prise en charge de la dépendance.
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Découvrir la formation BSIQuestions fréquentes
Le BSI concerne-t-il tous mes patients dépendants ?
Oui. Depuis octobre 2023, le BSI s'applique à l'ensemble des patients dépendants pris en charge à domicile, quel que soit leur âge. Depuis janvier 2024, un BSI valide est obligatoire pour facturer ces soins, la facturation en AIS étant rejetée.
Combien de BSI intermédiaires puis-je réaliser par an ?
Deux au maximum. Le BSI intermédiaire, coté DI 1,2 (12 €), permet de réévaluer un patient dont l'état de santé évolue en cours d'année, en complément du bilan initial et du renouvellement annuel.
Puis-je faire un BSI pour un patient diabétique sous insuline ?
Oui, si le patient présente une dépendance (évaluée selon la grille AGGIR, GIR 1 à 4) et une polypathologie justifiant des soins multiples. Le BSI remplace alors les AMI habituels pour les actes réalisés lors du même passage.
Que se passe-t-il si plusieurs IDEL interviennent chez le même patient ?
Le forfait journalier BSI n'est facturable qu'une seule fois par jour, par un seul infirmier. En revanche, chaque infirmier peut facturer ses propres actes techniques réalisés lors de son passage, selon les règles de la nomenclature.